Les plantations dans les forêts classées seront détruites: Les menaces et conséquences d’une telle mesure

PIN

Les plantations de cacao qui sont dans les forêts classées seront détruites et des arbres seront plantés en lieu et place. Les propriétaires vont se reconvertir dans d’autres secteurs d’activité ». C’est l’information donnée conjointement par le ministre de l’Agriculture et le directeur du Conseil café cacao au cours d’une conférence de presse qu’ils co-animaient dans le cadre de la Journée du cacao et du chocolat. Avec cette annonce, si elle est effectivement mise en pratique, elle ne sera pas sans conséquence grave et sur la production cacaoyère et sur les planteurs. Selon plusieurs études menées dans le cadre de l’inventaire du couvert forestier et dans le cadre de la déforestation, 60% de la production cacaoyère proviennent des forêts classées. Avec ces statistiques, il faut s’attendre à un désastre véritable. Même si l’idée est salutaire parce qu’elle permettra de renouveler le couvert forestier détruit en majeure partie par l’activité agricole, il va sans dire que c’est de milliers d’hectares de plantations qui seront détruites et des milliers de familles vivant de cette culture de rente, mamelle de l’économie ivoirienne, qui seront jetés à la rue et livrés à eux-mêmes. La production de 2,2 millions de tonnes par an de fèves de cacao sera revue à la baisse, quand on sait que la production cacaoyère contribue à 14% du produit intérieur brut et 40% des recettes d’exportation et 10% des recettes de l’État. Si dans le cadre de la politique de reforestation et de la traçabilité, l’on doit arriver à cette situation, il convient de bien réfléchir à tous les contours de cette volonté. Comment la mettre en pratique et conserver les acquis et garder les mêmes chiffres et quels accompagnements pour ces planteurs ? Voici les questions auxquelles l’État et le Conseil café cacao doivent trouver des solutions.

JP

Leave Your Comments