Côte d’Ivoire [Série]: Coup de pouce du prix payé aux planteurs de cacao

PIN

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire et son voisin le Ghana et deuxième producteur mondial ont promis l’année dernière d’augmenter le prix payé aux planteurs, en instaurant, après concertation avec les multinationales du chocolat, un « Différentiel de Revenu Décent », de 400 dollars par tonne de cacao. Résultat, le 1er octobre, la Côte d’Ivoire a officiellement fixé le prix payé aux planteurs à 1 000 francs CFA le kilo de fèves, pour la campagne 2020-2021, soit une augmentation de 21%. Un coût de pouce important, mais pas suffisant pour changer considérablement les conditions de vie des producteurs.

Au campement de Nglobo, dans la région de Divo Nord, Elias Nguessan Konan doute. « Nous on est là, on fait les produits mais les gens ne nous les achètent pas bien. On nous a dit aujourd’hui 1 000 francs, mais on ne sait pas combien ils vont nous payer. Peut-être qu’ils vont venir nous donner un prix inférieur à 1 000 francs. On ne sait pas… »

Mais comme nous sommes en début de campagne, Elias ajoute que « si quelqu’un venait nous dire qu’il va acheter le cacao à 800 francs, personnellement je n’accepterai pas. »

Sur l’exploitation, Elias a pris la suite de son père décédé il y a 20 ans. Dans les quelques maisons du campement, de facture modeste, vivent 38 personnes. Mais avec les seuls revenus que lui procure le cacao, il lui est impossible d’améliorer les conditions de vie de sa famille. « J’aimerai avoir une grande cour, une maison en dur… Mais, mes revenus ne peuvent pas me permettre d’agrandir ma cour. »

Des villages qui manquent de tout

À une dizaine de kilomètres du campement d’Elias, se trouve le village de Yaokro, où les planteurs se plaignent de l’absence de centre de santé et de bonnes conditions pour la scolarisation de leurs enfants. Sinkoné Saydou est l’un d’eux. « Il n’y a pas d’hôpital. Nous devons aller à 14 km et c’est fatiguant. Et pour l’école, nous ne trouvons pas d’enseignants. Quand un maître vient, il dit qu’il n’y a pas d’électricité et il s’en va. »

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