Economie nationale, cessation de paiement… : Les réelles menaces qui pèsent sur la Côte d’Ivoire

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La Côte d’Ivoire court de réelles menaces sur son économie. Visiblement, le pays va de mal en pis. Après la dure épreuve imposée par la pandémie à corona virus depuis le début de l’année 2020, la Côte d’Ivoire se trouve confrontée aujourd’hui à bien d’autres challenges. On ne le dira jamais assez, la Covid 19 a plombé les entreprises. Certaines ont fermé carrément pendant que d’autres qui résistent battent de l’aile. C’est dur, très dur pour les chefs d’entreprises qui, pour la plupart, croupissant sous le poids des difficultés, se sont trouvés obligés de se séparer partiellement ou définitivement de certains de leurs travailleurs. Le soutien financier promis par le gouvernement n’est toujours pas une réalité pour la plupart des entreprises. On en veut pour preuve, les propos du président de la CGECI, Jean-Marie Ackah, lors d’une rencontre avec le Premier ministre Hamed Bakayoko, relativement aux Fonds d’appui aux entreprises. «Sur les 250 milliards promis aux entreprises, petites, moyennes et grandes, seulement 15 milliards ont été injectés dans l’économie 5 mois après » a expliqué Jean-Marie Ackah au premier ministre. Après la phase transitoire, on ne sait pas ce qui se passe concrètement, en ce qui concerne ce dossier sur lequel comptent les entreprises pour relancer leurs différentes activités. Il est à noter également le fait que du fait des effets liés aux mesures de riposte contre la Covid, de grosses structures, pourvoyeuses de devises dans les caisses de l’Etat, telles que le port d’Abidjan, ne tournent pas au mieux. Dès lors que les entreprises ne tournent pas au mieux de leurs formes, il va sans dire que cela va impacter le recouvrement des recettes fiscales et douanières.

L’impact de la crise sociopolitique sur l’économie

Comme l’adage le dit, “l’argent n’aime pas le bruit“. La crise sociopolitique que vit actuellement la Côte d’Ivoire du fait des tensions préélectorales et postélectorales est en passe de confirmer une fois encore cet adage. L’économie ne prospère que dans un environnement propice et sain. Or, ce n’est pas le cas avec les violences perpétrées par certains individus armés pour attaquer des manifestants. A cela s’ajoutent des actes de violation de la constitution, des arrestations arbitraires et des incarcérations en désordre. Le clou de tout cela, il se trouve aujourd’hui des individus qui s’arrogent le droit de trancher la tête d’un être humain et en faire un ballon de foot. Bref, ces actes plongent le pays dans une situation d’instabilité et de non droit. Ce qui n’est pas du tout propice aux affaires. Et lorsqu’on sait que c’est généralement les affaires qui apportent de la valeur ajoutée, il est à craindre que l’économie ne prenne un véritable coup dur. Cette situation, également, ne favorise pas les investissements non seulement des nationaux mais surtout des hommes d’affaires étrangers. Aucun bailleur n’acceptera, dans un tel environnement, d’injecter des fonds dans le pays. Qui s’est pourtant tourné vers le marché sous régional et international pour le financement de son économie à travers le Plan national de développement. Tout cela peut mettre à mal la crédibilité de la signature de la Côte d’Ivoire si on n’y prend garde.

Tenir ses engagements, un challenge !

La situation que vit la Côte d’Ivoire est grave et préoccupante. Le pays a beaucoup d’engagements nationaux et internationaux auxquels il doit faire face. Les caisses de l’Etat ont besoin d’être renflouées pour faire face aux engagements. Notamment payer les fonctionnaires et agents de l’Etat, payer les fournisseurs… Mais si la situation demeure en l’état sur le terrain, ce challenge risque d’être difficile à réaliser. Le pays pourrait même être en cessation de paiement. Une autre situation qui est non moins préoccupante, c’est celle du cacao. Cette matière est vendue par anticipation. Ce qui voudrait dire que la Côte d’Ivoire a déjà encaissé. Le défi reste maintenant à l’Etat d’honorer sa part d’engagement en livrant le produit pour lequel il a perçu des fonds. Mais si la situation demeure idem, voire pire sur le terrain, empêchant d’acheminer les produits vers les ports, la Côte d’Ivoire s’exposerait à une défaillance dans l’accomplissement de sa part d’engagement. Au regard de tout ce qui précède, il est à prier que les choses s’améliorent sur le terrain pour éviter de telles conséquences sur l’économie nationale. La Côte d’Ivoire ne mérite pas qu’on fasse planer de sérieuses menaces sur son économie. Vivement que le dialogue qui a démarré entre les acteurs politiques puisse aller à son terme en vue de donner une chance à la Nation Ivoirienne de renouer avec ses lettres de noblesse.

FRANÇOIS BECANTHY

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