Le commerce intra-africain est essentiel pour amortir les effets des tensions commerciales et des chocs extérieurs (Afreximbank)

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Abidjan – La Banque africaine d’import – export (Afreximbank) a publié, mardi 15 décembre 2020, son Rapport annuel sur le commerce en Afrique (ATR) qui révèle que le commerce intra-africain est essentiel pour amortir les effets des tensions commerciales et des chocs extérieurs.

Ce rapport passe en revue l’évolution commerciale et économique en Afrique, lors d’une année 2019 dominée par les guerres commerciales et la hausse des droits de douane qui ont entraîné un fort ralentissement du commerce mondial. Cette situation a été aggravée par le Covid-19, et de ce fait, après une baisse de 2,8 % l’an dernier, le commerce mondial devrait se contracter de 9,2 % en 2020.

Le Rapport annuel sur le commerce en Afrique propose une étude approfondie du commerce transfrontalier informel (CTI). C’est la première fois que l’on tente de mesurer de manière détaillée le volume et la composition du commerce informel. Malgré les variations régionales, le rapport souligne l’importance du CTI pour la création d’emplois et de revenus, estimant qu’il apporte une source de revenus à environ 43 % de la population africaine et qu’il est dominé par les femmes.

En Afrique australe (le bloc de la SADC), les femmes représentent environ 70 % du commerce transfrontalier informel. En Afrique de l’Ouest, les produits alimentaires et agricoles constituent 30 % du commerce intra-régional.

« Même si le commerce transfrontalier informel représente une part importante des achats intérieurs et est devenu une source majeure de revenus permettant de maintenir les niveaux de consommation des ménages, sa contribution au PIB n’est guère reconnue », a commenté le Président d’Afreximbank, Prof. Benedict Oramah.

En s’appuyant sur des données factuelles pour mesurer le CTI, le rapport met en évidence les transformations à apporter pour développer le commerce intra-africain et faire passer le CTI dans le secteur formel.

Le rapport contient de nombreuses recommandations qui deviendront encore plus pertinentes avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Afreximbank, pour sa part, met en place son Système panafricain de paiements et de règlements (PAPSS) pour permettre aux acheteurs et aux vendeurs d’effectuer des transactions en monnaie locale, tout en réduisant le risque associé aux transactions en espèces.

Entre janvier et août 2020, le commerce de marchandises de l’Afrique s’est contracté de 12 % par rapport à la même période de l’an dernier, les mois d’avril et de mai ayant affiché les plus forts reculs. Les perspectives pour 2021 sont bonnes. Le commerce de l’Afrique devrait connaître un rebond important, dans le sillage de la reprise de l’activité économique mondiale et l’augmentation de la demande en matière d’exportations africaines.

La part des exportations africaines à destination de l’Asie a augmenté pour atteindre 30,79 % en 2019, tandis que la part de l’Union européenne est tombée à 24,6 %. La Chine et l’Inde ont été les principaux moteurs de l’essor des échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Asie, ces deux pays ayant absorbé 27 % des exportations totales de marchandises de l’Afrique en 2019.

On observe une tendance similaire dans la provenance des importations des pays africains. Même si l’UE a toujours constitué la principale source, sa part dans les importations africaines n’a cessé de diminuer et l’Asie rivalise aujourd’hui avec l’UE.

La valeur du commerce intra-africain total a diminué de 5,2 % en 2019, réduisant sa part dans le commerce africain, qui est passée d’environ 15 % en 2018 à 14,4 % en 2019.

Le poids des matières premières dans la valeur des exportations africaines est très élevé. Le pétrole et le gaz, malgré une baisse significative des cours, représentaient encore 37 % du total des exportations africaines en 2019.

La Banque africaine d’import-export est une institution financière multilatérale panafricaine dédiée au financement et à la promotion du commerce intra et extra-africain. Afreximbank a été créée en octobre 1993 et est détenue par des gouvernements africains, la Banque africaine de développement (BAD), des investisseurs privés et institutionnels africains et des investisseurs publics et privés non africains.

cmas

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