Mévente du cacao / Les producteurs et la société civile s’attaquent au Conseil café cacao : « Où vont les nombreux prélèvements faits sur le cacao »

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La filière cacao fait face à une crise sans précédent depuis quelques mois, mettant les producteurs dans la misère suite à la mévente des produits de leur récolte. Après l’effet d’annonce du mois d’octobre dernier, qui a vu la fixation du prix bord champs du kilogramme de cacao à 1.000, la situation sur le terrain est tout autre. Les producteurs qui avaient accueilli la nouvelle avec joie ont très vite déchanté face à la triste réalité aujourd’hui.


Face à cette situation qui s’enlise et qui persiste, au grand désarroi des productrices et producteurs, les membres de la Plateforme de la Société Civile et des Organisations de Producteurs pour la Défense des Droits des Producteurs de Cacao en Côte d’Ivoire, ont décidé d’élever la voix pour dénoncer cette situation. Et ce, suite à l’intervention du directeur du Conseil café-Cacao, qu’ils qualifient d’aveux d’impuissance face à la crise qui frappe les producteurs. Selon Tetiali Digbeu, Pca de Inades Formation et Adom Joel, qui a lu la déclaration, « L’Etat ne doit pas faire subir les conséquences de cette situation de mévente de la production cacaoyère aux producteurs.


Il y a le fonds de garantie qui est là, il faut simplement l’activer pour garantir la stabilité comme cela se fait en cas de crise de sorte à supporter la situation plutôt que de laisser les producteurs subir la crise.


Que l’Etat joue donc son rôle. » Ajoutant que « La commercialisation du cacao est fortement perturbée et la filière fait face à de nombreuses turbulences.


En effet, plus de 150.000 tonnes de cacao seraient entreposées depuis plusieurs mois, dans les magasins ».


En termes de solution, en plus de proposer un débat national pour mieux éclairer les producteurs, la plateforme demande que soit engagée « Une réforme en profondeur du Conseil du Café-Cacao afin de remettre les producteurs au cœur du dispositif de gestion de la filière ; l’organisation des actions de sensibilisation au niveau national pour informer et expliquer la situation actuelle de la commercialisation aux productrices et producteurs de la filière ; et l’activation du Fonds de garantie pour racheter les stocks de produits actuels pour soulager les productrices et producteurs qui souffrent de cette situation.


Réfléchir à un plan national d’urgence pour identifier et gérer les stocks des Sociétés Coopératives et prendre en charge les déperditions de stocks qui résultent du stockage prolongé ; Organiser une concertation impliquant des représentants de l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux de la chaîne des valeurs de la filière cacao afin qu’une solution idoine soit trouvée à cette situation ; Appuyer et encourager la transformation locale du cacao par les petits transformateurs. » Les représentants des Producteurs ne sont-ils pas en droit de s’interroger sur la destination des prélèvements qui sont effectués par le CCC au cours des campagnes ?


A quoi devraient donc servir lesdits prélèvements ? ».


Et ces derniers demandent qu’une réflexion soit menée selon « Un plan national d’urgence pour identifier et gérer les stocks des Sociétés Coopératives et prendre en charge les déperditions de stocks qui résultent du stockage prolongé. »

JEAN PRISCA

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