A la découverte des potentialités agro-touristiques de la région du Sud-comoé (feature)

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Aboisso – L’agritourisme ou agrotourisme ou encore tourisme agricole, au tourisme à la ferme, est une forme de tourisme dont l’objet est la découverte du savoir-faire agricole d’un territoire, et par extension des paysages, des pratiques sociales et des spécialités culinaires découlant de l’agriculture.

Il s’agit d’une des formes du tourisme rural caractérisée par l’ensemble des pratiques touristiques ayant le milieu rural comme finalité. Cette activité permet de générer un développement économique plus ou moins marqué pour les territoires et les agriculteurs concernés.

La région du Sud-comoé, région agricole par essence incarne bien cette réalité au vue des nombreuses exploitations agricoles et des unités de première transformation installées dans cette région.

La société PALMCI (Palm de Côte d’Ivoire) possède depuis 1996 une exploitation de palmier à huile de 12000 ha d’un seul tenant à Ehania dans le département d’Aboisso. Des usines de transformation installées à Ehania mais également à Toumanguié dans la sous-préfecture d’Adaou viennent renforcer l’intérêt agritouristique de la région qui devient dès lors propice à une visite. Ces plantations de la défunte palmindustrie rachetées par le groupe SIFCA en 1996 offrent des facilités d’accès et une circulation aisée. Des complexes hôtelleries à Tiapoum et à Akakro non loin de ces endroits peuvent faciliter le séjour.

Plusieurs autres unités de transformation de la graine de palme dont celle de Dekel oil située à Ayénouan existent également dans le département d’Aboisso et peuvent faire l’objet de visites touristiques.

En outre, l’hévéaculture, abondamment pratiquée dans la région, notamment à Bonoua et à Aboisso avec à la clé plusieurs unités de transformation peut être l’objet d’une curiosité touristique.

Avec un investissement de huit milliards FCFA pour son usine, la Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH), filiale du groupe SIFCA, constitue un pionnier tant en ancienneté (65 ans d’existence) qu’en volume. Elle compte cinq unités agro-industrielles dans le pays qui produisent plus de 165 000 T, soit plus du tiers de la production nationale

Inaugurée le 15 décembre 2017, l’usine de Bongo près de Bonoua a une capacité de traitement de 10,8 T/heure avec un potentiel de production de plus de 60 000 T/an, représentant 34% de la production totale de SAPH. Elle emploie environ 300 personnes. A cela s’ajoutent plus d 24 400 ha de plantation et plusieurs milliers d’hectares de plantations villageoises.

A Aboisso c’est la Société de caoutchouc du Sud-comoé (SCC) qui tient le flambeau.

A travers une production estimée à 500 0000 tonnes, la Côte d’Ivoire est le premier producteur africain de caoutchouc naturel. Le pays compte 164 000 planteurs pour une superficie exploitée de 530 000 hectares.

En dehors de ces exploitations, de nombreuses plantations individuelles existent dans la région. Dans le département d’Aboisso, plusieurs milliers d’hectares de plantations villageoises constituent une curiosité touristique.

Les sous-préfectures d’Ayamé, Yaou et Bianouan situées sur le tronçon Aboisso-Abengourou offrent les plus importantes plantations de cacao et de café et naturellement les plus importantes coopératives. La COOPEBIA (Coopérative de la Bia) en est une parfaite illustration.

Le touriste pourra découvrir des plantations de cacao et aussi de café et toucher du doigt les problèmes inhérents à la culture de ces deux matières premières essentielles pour l’économie ivoirienne.

Visite de plantations, diner champêtre, dégustation de cacao etc …. Pourraient être mis au menu d’une visite touristique.

Toujours à Ayamé de grandes exploitations de bananes généralement tenues par des expatriés européens sont également à découvrir.

Pour le café, le village d’Elima situé dans le département d’Adiaké avec la première usine de traitement construite en 1881 par Arthur Verdier et dont les vestiges sont encore intacts est, à n’en point douter, une attraction agrotouristique.

Dans ce même département l’on pourra découvrir sur la route d’Assinie-Mafia, des milliers d’hectares de cocoteraies naguère propriété de la Sodepalm puis de la Palmindustrie, une société de l’Etat ivoirien privatisée en 1996. Des vestiges des premières usines de transformation sont aussi au nombre des curiosités.

Les palétuviers d’Assouindé près d’Assinie, véritables cadeaux du ciel pour ce département sont absolument à voir.

A Bonoua, les exploitations d’ananas dont certaines ont cédé la place à l’hévéaculture ne manquent pas d’intérêt. Les vestiges de la Nouvelle Société ivoirienne d’Ananas et de conserve alimentaire (SIACA ) créée en 1970 à Bonoua sont encore bien visibles.

A Ono près d’Alépé et de Bongo, l’on retrouve les vestiges de la Société alsacienne de Côte-d’Ivoire, (SALCI) devenue ultérieurement Société des ananas de Côte-d’Ivoire.

En matière d’agroforesterie, le directeur régional des Eaux et Forêts du Sud-comoé , Col Anatale Yao , a expliqué que des reliques forestières notamment à Ehania sur le site de la PALMCI ont été enrichies pour les visites. Cette action a été cependant freinée par les effets de la Covid-19, a-t-il relevé.

Dans la Sous-préfecture d’Adaou, sur l’axe Aboisso-Abidjan, une mangrove de 160 ha pourrait être aménagée dans les prochains mois pour d’éventuelles visites touristiques.

Les Iles Ehotilés situées dans le département d’Adiaké constituent déjà une attraction touristique, a fait savoir col Yao.

Sur la page facebook de Côte d’Ivoire tourisme, l’on peut lire « La culture du cacao et du café (à l’Est et à l’Ouest), de l’hévéa (au Sud et à l’Est), du coton, de la canne à sucre et de la noix de cajou (au Nord), de la banane, de l’ananas, de la noix de coco et du palmier à huile (au sud), etc… constituent des curiosités du monde agricole à découvrir absolument. Profitez de votre passage en Côte d’Ivoire pour visiter les grandes plantations de « l’arbre derrière le chocolat » » .

(AIP)

Ahoulou Konan Noel, chef du bureau régional AIP Aboisso

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