Flambée des prix sur les marchés ivoiriens : Les populations se sentent asphyxiées

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Rien ne va au pays, pourrait-on dire. Les populations portent en silence la croix de la faim. Depuis quelques mois, tout a augmenté sur les marchés. Les prix des produits de grande consommation ont flambé et continuent de grimper de façon vertigineuse. Tout est devenu cher et il apparait de plus en plus difficile aux Ivoiriens de se nourrir. Cette situation qui court depuis la fin de 2020 s’est aggravée avec le délestage de ces derniers mois.

Le contexte national et international

Il y a quelques mois, notamment en janvier 2021, le prix de l’huile de table avait pris l’ascenseur. Cela serait dû, selon les acteurs de la filière, à la hausse du cours mondial de l’huile de palme, liée notamment à un resserrement de l’offre dans les principaux pays producteurs en Asie. Sur les marchés, le prix du bidon de 25 litres de la marque Dinor était par exemple passé de 20 000 à 24 500 FCFA et celui de la bouteille de 1,5 litre de la marque Aya de 1 450 à 1 700 FCFA. Le litre d’huile est passé de 1000 francs CFA à 1200 francs CFA, dans certaines boutiques, quand la boîte de 1kg de lait a connu une augmentation de 300f car désormais vendu à 2500 francs CFA, le gaz Butane (B6) est passé de 2000 francs CFA à 2500 francs CFA, etc. La boite de sardine naguère vendue à 400f coûte aujourd’hui dans les boutiques 500francs cfa. Le Kilogramme de la tomate qui était à 800francs Cfa se vend aujourd’hui à 900francs. Au marché de Gesco que nous avons visité, le sac de 25kg d’oignon qui était à 18000francs est aujourd’hui vendu à 25000francs. Les prix du ciment en Côte d’Ivoire connaissent aussi une hausse due, selon les revendeurs que nous avons interrogés, au renchérissement des frais d’expédition et de déchargement des matières premières, et des coupures électriques que traverse le pays. Le prix de la tonne sur le marché international du prix du clinker, cette principale matière première utilisée pour la fabrication du ciment, a augmenté de 6.559 francs cfa. L’augmentation des coûts des transports internationaux liés à la pandémie de Covid-19 serait aussi à la base de cette grimpée du prix du ciment.

Les Ivoiriens souffrent

Les Ivoiriens arrivent de moins en moins à se nourrir.

Partout où nous sommes passés, ceux-ci disent qu’ils voient leur pouvoir d’achat s’amenuiser face à la flambée des prix des produits de grande consommation. Les Ivoiriens ont le sommeil troublé devant l’augmentation tous azimuts des prix des denrées alimentaires.

La raison ? Le gouvernement ivoirien a décidé de taxer les produits de grande consommation. Ainsi, l’huile, le riz, le lait, le savon ont tous connu une hausse qui oscille entre 9 et 20%. D’ailleurs, un boucher que nous avons visité au marché des 2 Plateaux accuse l’Etat d’asphyxier les Ivoiriens. « C’est l’Etat lui-même qui veut nous asphyxier à travers ses nombreuses taxes. Tenez, sur un bœuf, l’Etat prenait 3000f comme taxe. Aujourd’hui, cette taxe est montée à 17000f. C’est cette augmentation de la taxe que nous répercutons sur le kilogramme de viande » a dit ce vendeur, qui a requis l’anonymat. « C’est un crime contre notre pouvoir d’achat, c’est contraire au slogan du chef de l’Etat, qui a pourtant annoncé une année de solidarité. Malheureusement, c’est plutôt à une paupérisation et une précarisation des Ivoiriens que nous assistons. La coalition des indignés dénonce d’ailleurs cette haute trahison et demande au gouvernement de revenir aux prix initiaux. La coalition des indignés appelle les organisations des consommateurs à engager la lutte pour la dignité des Ivoiriens. La coalition des indignés donne aux Ivoiriens rendez-vous pour le combat pour l’amélioration de nos conditions de vie, contre la cherté de la vie sans compromission » s’est insurgé le coordonnateur national de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, Samba David.

FRANÇOIS KONAN

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